
Histoire :
Tracie sort avec Phil, le bassiste d’un groupe de rock minable de Seattle. Phil est un véritable parasite égoïste, jaloux et dragueur, mais Tracie est folle de lui ! Quant à Jon, le meilleur ami de Tracie, il est doux et attentionné, mais son dernier rendez-vous amoureux n’a pas duré plus de onze minutes. Fatigué de ses échecs à répétition, il demande à Tracie de faire de lui un mauvais garçon, pour faire tourner toutes les têtes. Et ça marche ! une nouvelle garde-robe, une nouvelle coiffure et les dix commandements du parfait macho en poche, Jon devient un véritable bourreau des cœurs... Tracie sait qu’elle a trop bien réussi sa métamorphose, mais comment revenir en arrière ?
Commentaire :
Le personnage de Jon est l'archétype du gars qui n'a pas eu de guidance par son père avec les femmes. Il a tous les défauts du niceguy (faiblesse, recherche d'approbation, manque de confiance, manque d'attention à lui et aux réalités sociales), tandis que l'autre homme, Phil, est un vrai mauvais garçon (égoïste, masculin, obtus, sexy). Tracie l'héroïne couche donc avec Phil (c'est un dieu au lit), et est super amie depuis la fac avec Jon. Naturellement Jon est amoureux d'elle sans lui dire.L'argument c'est que Tracie coache Jon avec des conseils très bons. On retient notamment :
- la garde-robe idéale est une combinaison entre des habits très chics et coûteux, et des choses originales trouvées dans des fripperies- il faut un modèle de mauvais garçon mal dans sa peau ; ce sera James Dean. Jon prend la démarche de James Dean dans Géant, et ses attitudes.- une routine mettant en avant sa vulnérabilité "mon frère/père/cousin est mort devant mes yeux quand j'étais jeune... depuis je ne connais plus la peur", associé à une autre routine assez tordante mais fondée : il arrête la serveuse par le bras sur le lieu de la date, et demande à sa cible "N'a-t-elle pas les plus yeux du monde ?" en parlant de la serveuse. Jon ressort ses routines à l'identique au cours du roman, l'effet est assez comique.- le conseil ultime qu'on connaît bien : c'est la femme qui doit te courir après et pas l'inverse.Le dénouement est un peu hollywoodien, mais on reconnaît beaucoup d'attitudes réalistes chez les personnages, notamment l'effet ravageur du social proof quand Jon tombe les connaissances de Tracie les unes après les autres. A noter que l'auteur est lucide sur le déséquilibre homme-femme moderne. Elle fait dire à ses personnages "pourquoi nous les femmes nous sommes toujours attirées par des sales types, alors qu'il y a plein de garçons gentils ? ... Ca doit être un passage obligé, comme la ménopause ou la cellulite. ... Mais le pire c'est que d'ici 5 ans [note : les personnages sont autour de 27 ans] nous nous lancerons à la recherche d'un gentil garçon pour l'épouser. Et tous ceux que nous avons repoussés au lycée et à la fac seront déjà pris".On retrouve aussi l'expression assez courante aujourd'hui chez les femmes du mâle idéal, que devient Jon : attirant car mauvais garçon, passionné au lit mais attentif au plaisir de sa partenaire. La quadrature du cercle.
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