
Vous vous sentez mal à l’aise en compagnie des femmes. Géné, fébrile, contenu ; vous voilà incapable de sortir cette blague qui vous tient à cœur ? Votre confiance s’étiole comme neige au soleil ? Souvenez vous du chevalier blanc dans les dessins animés de Walt Disney. Bombant royalement le torse sur son destrier impétueux, il affrontait mille dangers, terrassait les plus féroces dragons et venait à bout de la sempiternelle et méchante sorcière en hochant tout juste le sourcil. Pourquoi ? Sa force, son courage était animé par un puissant idéal d’amour inaltérable. Ainsi, la belle princesse inaccessible lui tombait néluctablement dans les bras. Ce preux chevalier princier, parangon de perfection sociale et de dévotion romantique n’aurait souffert aucun obstacle pour sa dulcinée, qu’il érigeait en déesse d’un improbable univers parfait. Plus tard, Hollywood réutilisera le filon, dans un égal souci d’utopie passionné.
Le beau et fort protagoniste écrasera avec une rigoureuse conscience martiale tout ce qui se trouvera sur son chemin pour sauver son homologue féminin. Et qu’importent les dangers, qu’est ce que sa vie au regard du bonheur de son tendre amour ? N’oublions pas nos talentueux artistes musicaux dont la voix suaves nous chuchote au creux de l’oreille de gracieuses mélodies nous exhortant à un amour sincère et éternelle. Pas étonnant que l’être humain appartenant à la gente masculine lambda, élevé au romantisme transgénique depuis tant d’années, s’identifie au prince charmant. Convaincu qu’il est de devoir démontrer une insolente gentillesse jusqu’au-boutiste pour séduire la belle princesse de son propre univers, il ne reculera à son tour devant aucune mièvre démonstration d’amour écœurante pour parvenir à ses fins. Nous sommes ce que nous avons appris à être. Résolument fidèle et prévenant, notre orfèvre méticuleux ne comprendra pas pourquoi ce qu’il s’est appliqué à consciencieusement reproduire n’a pas plus d’effet qu’un coup dans l’eau. Les plus fanatiques doubleront la dose. Mais la vie n’est pas du cinéma. Les princes, chez nous rentrent désespérément seul pour regarder un sordide porno, oubliant momentanément leur solitude dans de douteux palliatifs. « Je suis quelqu’un de bien, je ne comprend pas ! » se dira Thomas. Première nouvelle. Thomas n’est pas gentil.
Thomas est faussement gentil. Il fait partie de la pire sorte d’hypocrite qui soit, ceux qui s’ignorent. Ceux qui sont timides. Et comme tout timide qui se respectent, il dissimule son manque criant d’assurance derrière une grande gentillesse. Et hélas, son attitude guindée et ses pathétiques accommodements ne trompent que lui. Personne n’aime les gens faux. Les femmes possèdent même un 6em sens les détectant avec une impitoyable efficacité. Ne soyez pas faux, ne soyez pas gentil, soyez vous-même. Cessez de craindre l’affrontement, cessez de fuir vos semblables, vous êtes le seul instrument de votre bonheur. Soyez le pleinement, assumant entièrement vos aspirations, vos désirs et votre personnalité ! Non seulement, votre pouvoir de séduction augmentera drastiquement mais vous commencerez à percevoir un nouvel univers dont vous êtes le roi. A vous sentir vous, à vous sentir libre. Soyez vous-même, brisez vos chaînes. Bien à vous,
